Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 03:03

Un jour, tu décides d’être joignable

Alors tu t’achètes un portable.

Tu as le choix d’l’opérateur,

Y’en a tellement, c’est le bonheur !

 

Pour ton achat téléphonique,

Dans un hyper ou une boutique

Un conseiller, plein d’optimisme

Fait preuve de professionnalisme.

 

Il te propose plein de mobiles

Te garantit que c’est facile

Dit qu’avec ce nouveau forfait

Tu pourras appeler en paix.

 

Tu ne ménages pas ton ardeur

A le choisir pendant des heures

Ce Samsung, Nokia ou LG

Avec appels illimités.

 

Tu rentres chez toi, heureux et fier

Avec ton mobil Lucifer

Tu ne seras plus un bouffon

Avec ton gadget plein d’options.

 

Illimités 3 numéros

Tu choisis 3 meilleurs potos.

Avec ton nouveau téléphone

Tu papotes jusqu’à être aphone.

 

Pendant un mois, pas de problème

Avec ton nouveau GSM.

Mais voilà qu’arrive ta facture

La lire te met à la torture.

 

Car au lieu des 40 Euros

Qu’il faudrait lire à droite, en haut

T’en vois au moins 200 de plus

Avec la TVA en sus.

 

Fébrile, tu fais le 1023

Tu les appelles comme c’est ton droit.

Tu tombes sur le service client.

Là il te faut rester patient.

 

Après toutes les publicités

Sur les options et les forfaits

Au bout du fil, une conseillère

Est prête à entendre tes misères.

 

Tu lui parles de facturation,

De mauvaise communication.

Comment peux-tu être hors forfait

Avec 3 G illimités ?

 

Elle reste aimable et souriante

Te remercie, est prévenante

Et te demande de patienter

Elle va consulter ton dossier.

 

Tu apprends qu’ils se sont trompés

Et que tu vas être remboursé

C’est un simple bug informatique

Qui a déclenché ta panique.

 

A la prochaine facturation

Ils feront toutes les déductions.

Pour l’instant, tu dois leur payer

La facture qu’ils t’ont envoyée.

 

Là c’est trop fort, tu ne veux pas

Payer ce que tu ne dois pas.

Comme tu leur opposes un refus

Ta ligne sera vite suspendue.

 

La conseillère est désolée

Te dit ne pas pouvoir t’aider

Tu lui réponds : « Mais quelle galère

D’être un client chez Lucifer».

 

Aimable, elle promet et assure

Qu’ils rembourseront ta facture

Tu aimerais bien l’insulter

Juste histoire de te défouler.

 

Elle répète inlassablement :

« Quelqu’un de notre service client

Très bientôt vous contactera. »

Attendre, il ne reste plus que ça.

 

Une semaine passe et toujours rien.

Quant tu appelles, on dit « Demain ! ».

Quatre semaines, déjà un mois

Que ton problème en reste là.

 

Tu reçois des courriers « RAPPEL »

5 fois, 10 fois, 20 fois, t’appelles.

Comme tu refuses de les payer

Ton mobil est toujours bloqué.

 

En discutant autour de toi

Tu te sens moins seul dans ce cas

Comme tu en témoignes sur le net :

« Lucifer sacrée prise de tête ! ».

 

Comme ils le disent à la télé

Tu fais une lettre recommandée

Pour défendre tes droits de client

Contre ce système révoltant.

 

Tu rêves de les mettre au supplice

Car tu en fais presqu’une jaunisse

A force de les rappeler

En te retenant de hurler.

 

Et si malgré tous tes courriers

Ta facture n’est pas remboursée

Que tu sois de Strasbourg ou Nice

Tu peux les traîner en justice.

 

Tu voulais seulement être joignable

Avoir comme les autres un portable

Appeler en toute liberté

3 numéros illimités.

 

Il n’y a pas qu’au téléphone

Qu’on te prend souvent pour une pomme

Tous les jours, tu remarques sans cesse

Qu’on abuse de ta gentillesse.

 

Malheureusement, tu n’es pas seul

A faire de l’honnêté ton deuil.

Pour lutter contre ces procédés

Il faudrait tous nous rebeller.

 

Car tant qu’on vit comme des moutons

A leur dire « oui » plutôt que « non »

Ils ont raison de continuer

A nous prendre pour des « vaches à lait » !


05.09.2008  

Par enki69 - Communauté : Vive le désordre !
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 03:02

Levée trop tôt, couchée trop tard,
Je m’active du matin au soir.
Avec les repas, le ménage, les enfants,
Pas une minute pour prendre mon temps.
Entre les pleurs, les rires, les jeux et les cris
Je suis mère au foyer, c’est ma vie.

Nourrie de câlins, de sourires, de bisous
Je suis Maman, ici, tout le temps, partout.
Pour leur apprendre le respect, la politesse
Il en faut de l’humour, du courage et de la finesse !
Les aimer, les choyer, les guider, c’est mon envie,
Je suis mère au foyer, c’est moi qui l’ai choisi.

Laver, trier, ranger et cuisiner
Pas moyen de lézarder, faut bosser !
Et même sans vouloir être maniaque,
Pas le temps de s’allonger dans un hamac.
Bouger, vivre sans connaître l’ennui,
Je suis mère au foyer, je l’ai voulu ainsi.

Toute la semaine, samedi dimanche compris,
Il me faut être alerte, pleine d’énergie,
M’occuper de tout, des bambins, du mari,
Etre disponible, souriante et sexy.
Femme de ménage, fatale et super nanny,
Je suis mère au foyer, chaque jour, chaque nuit.

Heureusement que mon homme a tout compris !
Il sait que c’est du boulot et le dit.
Dès qu’il le peut, il me donne un coup de main
Même si, comme moi, il aimerait remettre à demain.
Je ne suis pas toute seule, je peux compter sur lui,
Je suis mère au foyer et c’est très bien ainsi.

Parfois être seule, c’est trop dur et je pète les plombs,
Et il me faut de l’aide pour me remettre d’aplomb
Alors je vais sur le net, ou je lis « Famili »
Ou j’appelle Maman, mon homme, mes amies.
Un conseil, un bisou et c’est reparti,
Je suis mère au foyer, c’est un sacré pari.

Etre Maman, c’est un bien dur métier,
7 jours sur 7, 24 heures sur 24, toute l’année.
Mal considérée et si peu rémunérée
C’est pour les miens qu’il me faut assurer.
Officiellement « sans emploi », c’est l’Etat qui le dit,
Je suis mère au foyer, poing levé comme un cri.

Ils me font rire ceux qui travaillent sans savoir
Ce que je fais chaque jour, qu’ils viennent voir !
Qu’ils viennent donc prendre le relais,
Prendre ma place, juste pour une journée…
Non je n’ai pas le temps de voir mes amies,
Je suis mère au foyer, parfois seule dans l’oubli.

J’aimerais un peu de respect, de considération
Etre entendue, comprise sans prétention.
Ok être à la maison ce n’est pas une punition,
Mais parfois, ça mériterait une bonne révolution.
Ma vie c’est mon travail et mon travail c’est ma vie,
Je suis mère au foyer, sur le monde, et oui, j’ai un avis.

« Si c’est si dur pourquoi tu l’as choisie
Cette vie à la maison qui semble si pourrie ? »
Pour élever mes filles, les choyer, les voir grandir,
Enfin vivre ma vie au lieu de la subir.
Mes filles sont têtues, parfois dures mais si drôles et jolies
Je suis mère au foyer, elles sont toute ma vie.

Soigner leurs bobos, être fière de leurs progrès,
Leur chanter des chansons, leur apprendre l’alphabet,
Etre Maman poule, tout le temps à la maison,
C’est une vie difficile mais aussi pleine de compensations.
Manager, insist, infirmière, assistante et même psy,
Je suis mère au foyer, c’est sur le tas que j’ai tout acquis.

Y’a pas d’école, de stage, de formation,
Pour apprendre à être une maman à la maison.
On commence par craquer pour son petit bébé,
On finit par ne plus vouloir le quitter.
Et pour tout le monde c’est une nouvelle qualité de vie,
Je suis mère au foyer, je m’adapte, j’ai appris.

Mais le plus important, c’est bien sûr l’amour.
L’amour qui grandit, plus fort, chaque jour.
L’amour pour mon homme, mes enfants,
L’amour qu’on se donne gratuitement.
L’amour qui à chaque instant fleurit,
Je suis mère au foyer, haut et fort, je le dis.

Et si parfois, femme au foyer c’est pas une sinécure,
Il me reste la parole, le net, l’écriture
Pour parler de mes peurs, mes besoins, mes envies,
Avec les autres, discuter, partager ma vie.
Encore une chose et promis c’est fini,
Je suis mère au foyer, et des Dieux, je suis bénie.

29.08.2008

Par enki69 - Communauté : Vive le désordre !
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 03:01

 

Dans le monde, on voit guerre et famine,
Mais chez nous, on te parle de régime.
Alors que certains luttent pour manger,
D'autres ne s'occupent que de leur aspect.

On voit partout dans les magazines,
Des top modèles toutes jeunes, des gamines,
Qui pour un idéal esthétique
Affiche fièrement leur air famélique.

Pas question, si tu es dans le coup
D'aimer manger et goûter à tout.
Si par malheur, tu dépasses 38
Lances toi dans un régime, très vite !

Aujourd'hui, c'est le culte du corps
Où tu dois concentrer tes efforts.
Et tant pis si tu as mauvaise mine,
Si avec les médocs, tu t'abîmes.

Dans une salle de gym, faut transpirer,
Grâce au sport, un beau corps se sculpter,
Marcher au moins 30 minutes par jour,
Nourrir son corps avec respect et amour.

Dans les pubs, c'est écrit tout petit,
Si tu veux rester longtemps en vie
Il te faut manger équilibré
Ni trop gras, trop sucré, trop salé.

Ça ressemble à d'la pub mensongère,
D'associer « équilibre » et  « Kinder ».
Pour l'argent, ça ne les dérange pas
D'encenser « Kellog's » ou « Nutela ».

L'industrie agro-alimentaire,
Invente des goûts à tomber par terre :
B
onbons, sodas, goûters, confis'ries
Qu'honteusement, on appelle « cochonneries ».

Comment expliquer à nos enfants
Qu'il leur faudrait manger autrement
Alors que la télé les matraque
De pubs de bouffe à en être patraque ?

Mais il te reste toujours le choix
De résister ou prendre du poids
Après tout, majeur et vacciné
Tu n'as qu'à faire preuve de volonté.

Et tant pis si nos adolescents
Des excès payent le prix trop souvent,
S 'ils souffrent de carences, d'anorexie,
D'obésité et de boulimie.

L'important est de gommer les formes,
D'avoir une silhouette dans les normes.
Oublions le plaisir de manger
Et de tous ces régimes les dangers !

Et que dire des regards courroucés
Q
ue s'attirent les personnes enveloppées
Que les passants moqueurs dévisagent ?
Est-ce là une attitude vraiment sage ?

Quelle cruauté d'avoir oublié
Combien un seul regard peut blesser
Des êtres qui ont une âme et un cœur
Qui ont droit comme tout le monde au bonheur !

Et qui donc a bien pu décider
Que pour s'aimer, il faut se ressembler ?
Moi je dis que tout est dans le charme
Q
ue l'on soit, mince, gros, maigre, homme ou femme.

Ah c'est vrai, il y a la santé
Au sur poids, les maladies liées !
C'est important de faire attention
Mais doit-on parler de privations ?

Vivre c'est tout de même jouir de la vie
Pas dîner d'une pomme et d'un radis !
Doit-on toujours se sentir coupable
Quand vient l'heure de passer à table ?

Et les reproches qu'on fait aux parents...
Honte à ceux dont les pauvres enfants
Ont une mauvaise alimentation
Malgré les conseils de nutrition !

Les médias ont beau nous balancer
Des reportages sur l'obésité
Haut et fort, moi je brandis ma plume
Pour écrire que j'aime pas les légumes.

Cuits à l'eau, impossibles à manger
Les légumes, moi je les mange en purée
Avec du beurre, du sel, de la crème
Du gruyère, c'est comme ça que j'les aime.

Quant aux yaourts à 0 %
Je les trouve carrément dégoûtants.
Pareil pour les repas cuisinés
Qui sont soi-disant équilibrés.

La France est un pays de gourmets
De grands chefs dans le monde réputés.
Manger chez nous, c'est une tradition,
En Alsace, une véritable passion.

Pour maigrir, tu peux te faire aider
Par un coach, il suffit de payer.
Tu n'es pas sûr de perdre tes kilos
Mais d'avoir ton banquier sur le dos.

Coach te suit, pas à pas, te soutient,
Positif, t'encourage quand t'as faim.
Attentif à bien faire son métier
Il te tient ce discours éclairé :

« Allons c'est une habitude à prendre,
Manger sain au début peut surprendre
Mais une fois que tu as commencé
Tu auras du mal à t'en passer. »

Tu l'écoutes et fait semblant d'y croire
Et vires les bons plats de ta mémoire.
Au prix de ta joie de vivre, ton envie
Tes rondeurs sont belle et bien parties.

Et si tu n'es pas discipliné
Des tisanes, pilules, tu peux acheter.
Sans parler de tous les charlatans
Qui promettent de maigrir facilement.

Il y a aussi des appareils
Manuels, électriques, des merveilles
Qui font fondre la graisse quand tu dors
Et ne nécessitent aucun effort.

Bizarre, avec moi ça ne marche pas...
Je souffre mais mon gras est toujours là.
Il ne me reste plus qu'à acheter
Des sachets de poudre protéinée.

Mais je n'ai ni l'argent, ni l'envie
D'associer mes repas à l'ennui.
Que le contenu de mon assiette
Reste encore et toujours une fête !

Au lieu de m'imposer un régime
Qui n'a aucune chance de me rendre fine
Je préfère modifier mon regard
Et m'aimer avant qu'il soit trop tard.

Après avoir été complexée
J'ai enfin accepté mes bourrelets
Ils ne m'empêchent plus d'être heureuse
Me rendent même sensuelle et pulpeuse.

Chassons notre culpabilité
Retrouvons le plaisir de manger.
Après tout, il faut manger pour vivre
Les kilos en trop c'est mieux d'en rire.

N'oublions pas qu'il y a partout
Des gens qui aim'raient manger comme nous.
Quel manque total de délicatesse
Que de se plaindre d'avoir de grosses fesses !!

08.09.2008

Par enki69 - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 02:57

De ma voix la plus douce
 Je chante de belles chansons
 La petite suce son pouce,
La tête dans mon giron.

La grande, dans son lit,
A ses beaux yeux fermés.
Il est 8 heures et d'mi,
C'est l'heure de se coucher.

Un câlin, un bisou,
Un « je t'aime » et je pars.
Je sors à pas de loup.
Elles ne font pas d'histoire.

Après une longue journée,
Je retrouve mon chéri.
On pass'ra la soirée,
L'un contre l'autre, blottis.

Il parle de son travail,
Je raconte ma journée,
On range toute la pagaille,
Du royaume des jouets.

On est que tous les 2,
Les filles sont endormies.
On est en amoureux,
C'est aussi ça la vie.

On squate le canapé,
C
omme tous les mercredis,
On regarde la télé,
C'est « Grey's Anatomy ».

Un épisode à peine,
E
t on entend des cris,
Pleins de rage, voir de haine.
Ca y est, c'est reparti !

C'est notre cher bébé,

D'à peine 2 ans et d'mi,
Q
ui semble bien décidé
A nous pourrir la vie...

C'est pas la 1ère fois,
Qu'elle nous flingue une soirée.
Elle hurle, hurle, n'arrête pas,
Passe des heures à pleurer.

Je ne me souviens plus
Quand ça a commencé.
Je crois, dès le début,
De sa vie de bébé.

Oh, on en a passées,
L
a petite dans nos bras,
Des heures à la bercer,
Sans même savoir pourquoi.

Des heures à lui parler,
La bercer en marchant,
Les bras paralysés,
Pour qu'elle dorme simplement.

La bouche contre l'oreille,
Guettant le bon moment,
Où arrive le sommeil.
Pour nous un soulag'ment.

« Mais pourquoi tu dors pas ?
C'est si bon de dormir.
Papa, Maman sont là,
On ne va pas partir !

Tu as mal quelque part ?
A la gorge ? Au bidon ?
Pour un bib c'est trop tard,
On t'a déjà dit « Non ! » »

Toujours la même histoire,
Les mêmes mots répétés,
On la couche, ça repart.
Un vrai concert privé.

La tête à peine posée,
Ses yeux s'ouvrent, s'écarquillent,
Elle se met à hurler,
Plus question d'être tranquilles.

Des pédiatres, pédo-psy,
On en a vu des tonnes.
On a parlé, tout dit,
Jusqu'à en être aphones.

On a tout essayé,
La tendresse, le dialogue,
E
t même la fermeté,
Conseillée sur les blogs.

Et pour seul résultat,
Je le jure sur ma vie,
Quoi qu'on fasse, elle dort pas,
Dès qu'elle est dans son lit.

1 fois, 2 fois, 10 fois,
O
n lui parle, lui explique,
On la prend dans nos bras,
Elle hurle, c'est mécanique.

Malgré toute notre patience,
Et notre amour pour elle,
Pour avoir le silence,
On fait des étincelles.

On s'énerve, on s'emporte,
On lui fait les gros yeux,
Mais dès qu'on passe la porte,
On se sent tout honteux.

Ca d'vient épidermique,
Dès le tout 1er cri,
On oublie toute logique,
Pour n'avoir qu'une envie :

Avoir enfin une nuit,
Pleine de calme, de silence !
Ne plus entendre un cri,
Quitte à quitter la France.

Chaque soir, c'est la galère !
On en a mal au ventre,
Elle nous fait la misère,
On ne veut plus l'entendre.

On se pose des questions
Sur nos capacités.
En fait de solutions,
On est plutôt largués.

On en est presque à croire
Qu'on est nuls comme parents.
On finit par avoir
De mauvais sentiments.

La culpabilité
Est notre pire en'mie.
On se sent dépassés.
Cette situation nous nuit.

Un jour poussés à bout
Par ses cris, ses caprices,
On comprend tout à coup
Qu'il faut que l'on sévisse.

On prend la décision
De la laisser hurler.
On sait qu'on a raison.
Il ne faut pas flancher.

Boules Quies dans les oreilles,
Je m'installe au PC.
Et pour sa nuit de veille,
Mon homme mate la télé.

Pour oublier le bruit,
Sur mon blog, je raconte
En détail toute ma nuit,
Presque seconde par seconde.

La petite hurle, tempête.
Nous on reste stoïques.
Dans l'immeuble c'est la fête.
Notre voisin panique.

Pendant 6 jours, chaque nuit,
Réglée comme une horloge,
Des heures entières, elle crie.
On est aux 1ères loges.

Un soir, c'est le silence.
Alex est dans son lit.
On est joyeux, on danse,
Car elle s'est endormie.

La vie reprend son cours,
Le problème est réglé !
La patience et l'amour
Ont fini par gagner.

Sauf parfois, comme ce soir,
Parce qu'elle a mal ou faim,
Elle fait toute une histoire
Et hurle « Maman, tu viens ? »

Ses cris réveillent tout l'monde,
Son papa et sa soeur.
La grande menace et gronde,
Veut lui arracher l'coeur.

Je dois calmer le jeu,
C'est mon rôle, mon boulot.
Je fais ce que je peux
Pour qu'elle dorme à nouveau.

Calme, avec fermeté,
De gros yeux en cadeau,
Je lui répond « Bébé
C'est l'heure de faire dodo ! »

Elle réclame un bib'ron,
Avec les yeux mouillés,
Me dit « Mal au bidon.
Alexane veut manger »

Il est presque minuit,
Tout l'monde est fatigué.
Ma grande fille la supplie
De fermer son clapet.

La meilleure solution,
Pour toute la maisonnée,
Est d'aller au salon,
Squater le canapé.

Je réchauffe en râlant,
Son foutu bib de lait.
Elle le boit goulument,
Heureuse d'avoir gagné.

Un bisou, un câlin,
Un « je t'aime ma chérie ».
« Chouchou jusqu'à demain
Plus un mot, plus un bruit ! »

Elle répond : « Oui Maman. ».
Se couche sur le côté
Et s'endort tranquillement,
Après avoir roté.

Mon homme va se coucher,
Dans notre lit, sans moi.
I
l est très énervé,
C'est pas la 1ère fois.

Moi aussi ça me gonfle,
De dormir avec elle.
En plus elle bouge et ronfle,
Fait des bruits de crécelle.

Tout l'monde s'est endormi,
Et je me suis calmée.
Je recommence ma nuit,
Sur mon vieux canapé.

Je savoure le silence
Qui règne dans la maison.
C'est un peu les vacances,
Quand tous les bruits s'en vont.

Je me pose des questions,
Ma fille a un souci.
C'est mon éducation,
Ca ne fait pas un pli !

La culpabilité,
L'impression de mal faire,
Reviennent me harceler.
Suis-je donc une mauvaise mère ?

J'en ai marre de douter.
Merde je fais de mon mieux.
Au diable les regrets !
Je fais ce que je peux.

J'suis pas Super Nanny,
J'bosse pas à la télé. 
Et parfois dans la vie,
C'est bien plus compliqué.

L'essentiel après tout,
Pour connaître le bonheur,
C'est s'aimer comme des fous
Et écouter son coeur.

Et mon coeur lui me dit,
Que le mieux c'est d'en rire.
L'amour ça nous suffit,
Pour le meilleur, le pire.

Tant qu'on a la santé,
On est bénis des Dieux.
Tant qu'on peut rire, bouger,
On est vraiment chanceux.

Et tant pis si parfois,
On passe une mauvaise nuit,
Parce qu'Alex ne dort pas,
Au moins on est en vie.                          

01,11,2008

Par enki69
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